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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 15:53

La déontologie a toujours été au cœur des préoccupations du Syndicat National des Journalistes (SNJ) dont l’acte fondateur, en mars 1918, avait été la rédaction d’une première Charte des devoirs professionnels, revue en 1938 et reconnue par la très grande majorité des journalistes français. A ce document de référence, est venue s’ajouter la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, adoptée à Munich en 1971 et appliquée au niveau européen.

Le SNJ constate que les efforts visant à faire reconnaître une telle charte par l’ensemble de la profession - en l’intégrant par exemple dans la convention collective nationale de travail des journalistes - ont toujours rencontré l’opposition des organisations patronales et se sont soldés jusqu’à présent par un échec. De ce fait, le gouvernement compte se saisir, par le biais de la formation et des instances paritaires, de la question de la déontologie des journalistes.

Pour le SNJ, c’est à la profession - et à elle seule - de traduire ses principes déontologiques dans un texte qui serait reconnu par tous, journalistes, hiérarchies rédactionnelles et éditeurs, et qui contribuerait ainsi à améliorer la qualité de l’information et à reconquérir la confiance du public.

Réuni en congrès à Paris, du 14 au 16 octobre 2010, il a fait le constat que les chartes précitées ne sont malheureusement pas parvenues à dégager un tel consensus. Les initiatives prises ces derniers temps, tant au niveau des Assises du journalisme que du « groupe de sages » mis en place autour de Bruno Frappat, n’ont pas mieux réussi.

Fidèle à ses principes et à la mission définie par ses fondateurs, le SNJ, première organisation de la profession, a donc décidé de s’atteler dans les meilleurs délais à la rédaction d’une charte refondatrice, en s’inspirant des textes et projets existants.

Par ailleurs, la question d’une instance régulatrice étant souvent présentée comme concomitante à celle d’une charte de déontologie, le Congrès a fait en sorte de préciser la position du SNJ en la matière.

Si un Conseil de déontologie journalistique - dénomination retenue par nos confrères belges francophones et qui semble la plus adaptée - devait voir le jour en France, le SNJ y poserait les conditions suivantes :

Sa mission essentielle serait d’instruire, de rechercher l’origine des dérives déontologiques dans les pratiques et le fonctionnement de l’ensemble de la chaîne rédactionnelle, et non auprès du seul journaliste situé en première ligne. L’objectif est avant tout d’analyser les erreurs commises pour éviter qu’elles ne se reproduisent.
 Un tel conseil rendrait publics les résultats de ses investigations, cette seule publicité tenant lieu de sanction.
 Son ouverture à des représentants du public et de la société civile paraît souhaitable, leur désignation pouvant dépendre du dossier instruit, mais sa composition préserverait une large majorité en faveur des journalistes et des éditeurs.
Toute personne saisissant le Conseil de déontologie journalistique ne pourrait parallèlement entamer de procédure devant la justice tant que ce Conseil n’a pas mené son instruction et rendu son avis. Nul ne pourrait se prévaloir par la suite de cet avis, que ce soit lors d’une procédure sociale dans l’entreprise (sanction, licenciement, etc.) ou en appui d’une quelconque action en justice.
Un tel conseil serait placé sous la tutelle de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP), organisme représentatif où siègent à parité journalistes et éditeurs, à qui les initiateurs de la loi de 1935 avaient confié une mission de contrôle de la dimension éthique des pratiques journalistiques.

Enfin, le SNJ rappelle que l’obligation de respect de la déontologie professionnelle faite à chaque journaliste dépend pour partie des conditions objectives d’exercice de la profession : tout ce qui concourt à la précarisation croissante des journalistes ou à l’assujettissement des rédactions à d’autres intérêts que ceux de l’information du public va donc à son encontre.

C’est notamment pourquoi le SNJ ne saurait dissocier ce combat pour le respect de la déontologie de celui qu’il mène pour la reconnaissance par la loi de l’indépendance des équipes rédactionnelles, leur permettant de s’opposer collectivement à toute pratique porteuse d’un risque de dérive déontologique, ou heurtant la conscience professionnelle des journalistes.

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Published by SNJ - dans loi
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