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  • : Le syndicat national des journalistes propose ce blog à tous ses adhérents et sympathisants pour faire le point sur l'actualité sociale dans les entreprises de presse de Normandie.
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Plus qu'une possibilité, c'est devenu aujourd'hui une nécessité. Face à un actionnariat de presse qui ne cesse de se concentrer, qui chaque jour multiplie les atteintes aux conditions de travail (blocage des salaires, tentatives de supprimer des RTT, plans sociaux qu'ils soient officiels ou déguisés), qui met en oeuvre des stratégies globales (notamment sur les droits d'auteur), le SNJ apporte ses réponses. Majoritaire dans la profession, il sera d'autant plus fort que ses militants seront plus nombreux.

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 18:36

Nouveau rendez-vous judiciaire pour cette société, appartenant à GHM et qui imprime les journaux d'annonces gratuuits Paru-Vendu. Ces titres étaient le pôle de rentabilité du groupe GHM avant que le marché de la petite annonce ne s'effondre pour céder la place aux annonces numériques. Le représentant des salariés a fait cette déclaration devant le tribunal de commerce.

 

Intervention du représentant des salariés Hebdoprint

au Tribunal de Commerce

le 29 septembre 2011

Nous sommes à nouveau devant ce tribunal aujourd’hui et il m’appartient de traduire les grandes inquiétudes des salariés Hebdoprint. Nos inquiétudes étaient grandes lors des précédentes audiences mais aujourd’hui, elles le sont plus encore !

118 de nos collègues ont été licenciés... Comme si ce n’était pas suffisant, nous venons d’apprendre que la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (la DIRECCTE), en contradiction avec l’accord ministériel et Philippe Hersant concernant la cellule de reclassement et les fonds exceptionnels alloués pour cette cellule, refuse d’attribuer les indemnités de préjudice à la hauteur de l’engagement contracté, sur le seul motif que, je cite : “des pressions auraient été exercées auprès du Ministère du Travail”.

Nous confimons bien aujourd’hui que la CGT et la CFDT ont rencontré le Ministère du Travail et celui de l’Economie et de l’Industrie dans le seul but de faire assumer à l’actionnaire sa responsabilité sociale auprès de ses salariés.

Pour les quelque 500 salariés rescapés, les conditions de travail du moment sont au-delà de toutes les difficultés que vous pouvez imaginer, difficultés dans la perception qu’ont les salariés de la mise en place du nouveau modèle économique pour Paru Vendu et surtout dans la façon dont la direction Comareg a la prétention de le mettre en place.

Beaucoup d’inquiétudes car notre compréhension, bien qu’elle soit énorme, et nous l’avons tous démontré à notre direction, commence à être gravement éprouvée parce que la pratique ayant cours en ce moment dans notre entreprise et chez Comareg nous met les nerfs à vif ! Pour croire que Comareg, dans son ensemble, c’est-à-dire avec Hebdoprint, pourra relever les défis de demain, il faudrait, un tant soit peu, que les directions remettent l’Homme au centre de la stratégie à développer... Nous, salariés, regrettons que nos directions ne fassent pas ces choix-là... Pour que les hommes donnent le meilleur d’eux-mêmes et qu’ils participent pleinement à sauver LEUR entreprise, car c’est bien LA LEUR, il faut qu’ils soient écoutés, reconnus et qu’on leur accorde confiance... C’est à ce prix qu’ENSEMBLE, nous pourrons dessiner un avenir pour nos emplois et nos entreprises.

La direction souhaite qu’“ensemble nous sauvions Comareg et Hebdoprint”, alors il faut y mettre par conséquent les moyens... Mais ce n’est pas avec des trombones et des bouts de ficelle que nous y arriverons !

La réorganisation engendre une révolution technologique à laquelle nous voulons faire face avec dignité... Or, la direction ou les directions paniquent et nous imposent des décisions unilatérales qui ne font qu’aggraver le mal-être au travail et participent grandement au ras-le-bol général, voire à un certain fatalisme. Le manque de formation (pour le commerce ou le technique) est en grande partie responsable de cette situation. Et ce n’est pas faute de l’avoir légitimement réclamée !

Aucun salarié n’a échappé à cette pensée qui est de se dire «le mieux c’est que ça s’arrête, comme ça enfin, j’aurai la liberté d’esprit pour me consacrer à autre chose» ! Pensée souvent exprimée par eux. Pourtant, nous continuons ! Certes, il s’agit d’un besoin vital que de se nourrir et de nourrir les siens mais ce n’est pas tout : nous voulons avoir des raisons d’espérer et que cet espoir ne soit pas vain, avec un vrai lendemain.

Nous ne sommes pas venus faire de la mendicité. Nous avons tous contribué à la richesse de cette entreprise dont le coeur se devait d’être l’homme, et aujourd’hui nous constatons que nous sommes tous remisés au statut du simple exécutant devant juste subir et se taire...

Nous ne pouvons pas accepter les «sacrifices» que l’on nous demande sans même savoir si, finalement la réelle volonté n’est pas de récupérer uniquement la partie web. Que deviendra notre outil industriel ? Que deviendront les centaines de familles qui dépendent de cet outil ?

Qui aura le plus souffert d’un manque d’anticipation et d’une soif de rentabilité à tout prix ?

- Certainement pas les prétendues «cellules grises» qui cogitent dans les hautes sphères !

- Certainement pas notre actionnaire qui aura, certes, permis que le groupe Comareg connaisse un sursis de par son abondement financier et qui, malgré tout, saura récupérer sa miseavec ses récentes acquisitions faites en Suisse !

Nous, nous n’aurions que le Pôle Emploi puis les ponts et la soupe populaire comme seules perspectives ? Car très franchement, nous ne voyons pas bien où la direction veut aller... Vous le savez, nous avons imaginé un projet industriel alternatif, complémentaire à Comareg mais surtout visant une autonomie progressive d’Hebdoprint.

Nous ne pouvons pas dire que la direction ne va pas dans ce sens, au contraire... Pour autant, la problématique du chiffre d’affaire Comareg ne fait que mettre ce projet au second plan ! Il nous semble essentiel de passer à la vitesse supérieure avec ce projet, surtout au vu des éléments de trésorerie Comareg et Hebdoprint fournis aujourd’hui...

Nous ne sommes pas des économistes mais nous savons que si Comareg ne paye pas Hebdoprint, nos salaires risquent, à un moment donné, de prendre le même chemin... Et le fait que l’actionnaire ait remis de l’argent, aujourd’hui, pour l’équilibre de la trésorerie pourrait nous faire penser qu’il n’a plus l’intention d’intervenir financièrement dans l’avenir ?

Peut-être ne s’agit-il que de jeux d’écriture comptables, toujours est-il que nos vies tout entières dépendent de ces salaires durement gagnés ! Durement, oui ! Car même si, en terme de volumes publicitaires à traiter nous sommes loin du compte et de ce que nous sommes en capacité de faire, les conditions dégradées dans lesquelles nous travaillons sont de plus en plus pesantes, tendues et pourraient basculer dramatiquement pour certains d’entre nous ! Et ce n’est pas en se contentant de nous dire que la priorité est au commerce que cela s’améliorera...

Il est des discours qui ne peuvent être tenus et entendus aujourd’hui !

La dépression collective dans laquelle nous ont plongés les plans sociaux à répétition, les décisions d’urgence, les économies de bouts de chandelle et le manque de stratégie visible, ne pourra être traitée que lorsque le bon sens aura fait (ou refait) surface auprès de nos dirigeants... Sans cela, ils nous conduisent droit dans le mur, c’est-à-dire à un suicide programmé !

La poule aux oeufs d’or est-elle seulement égarée ou s’est-elle perdue définitivement ? S’ils la retrouvent, cela sera, bien entendu, dans le seul souci que ça leur rapporte à EUX en laissant sur le bord ceux qui sont la richesse même de cette entreprise de proximité et pour laquelle nous n’avions jamais compté ni notre temps ni notre investissement...

En conclusion :

1700 emplois sont encore menacés aujourd’hui sans compter l’ensemble des fournisseurs, des sous-traitants qu’une liquidation pourrait fortement mettre à mal.

L’économie de notre pays compte aussi avec Comareg et Hebdoprint.

Les conséquences, bien que mesurées par ce tribunal, seraient désastreuses compte-tenu du poids économique du désormais seul grand groupe de presse gratuite d’annonces. Nous avons une force commerciale qui connaît son métier et ses clients.

Nous avons des hommes et des femmes prêts à se battre pour peu qu’ils soient reconnus et qu’ils prennent part à un projet commun réalisable.

Nous avons un outil industriel très bien entretenu qui n’attend qu’à continuer de rouler...

Si la stratégie Comareg n’est pas de maintenir les emplois et de conserver son outil industriel, trouvons des repreneurs dès maintenant et proposons-leur notre projet industriel, enrichissons-le encore et toujours, rendons-le plus ambitieux pour qu’il soit une réelle alternative à ce qu’on nous propose aujourd’hui : à savoir, attendre et pleurer ?

Un avenir pour nos emplois, nous en avons un : il s’appelle Hebdoprint !

 

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Published by SNJ - dans entreprises
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