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Plus qu'une possibilité, c'est devenu aujourd'hui une nécessité. Face à un actionnariat de presse qui ne cesse de se concentrer, qui chaque jour multiplie les atteintes aux conditions de travail (blocage des salaires, tentatives de supprimer des RTT, plans sociaux qu'ils soient officiels ou déguisés), qui met en oeuvre des stratégies globales (notamment sur les droits d'auteur), le SNJ apporte ses réponses. Majoritaire dans la profession, il sera d'autant plus fort que ses militants seront plus nombreux.

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 08:02
Rouen, le 5 février 2010

Négociation annuelle obligatoire difficile au sein des titres de la SNPEI (Havre Libre, Havre Presse, Paris Normandie, Progrès de Fécamp).
Première étape, début janvier. 

NAO : trois lettres pour au moins une ambition, une véritable politique salariale au sein de la SNPEI. Négociation annuelle obligatoire, cette rencontre avec la direction doit fixer le cap de l'entreprise tout en faisant droit au contexte économique. Aux syndicats de revendiquer, à la direction d'accorder (et les directions le font d'autant mieux que les salariés sont mobilisés). Attention : il s'agit de parler salaires de façon collective, les augmentations individuelles étant du ressort hiérarchique voire de la délégation du personnel. A la SNPEI, la direction a tenu une première séance de la NAO 2009 (pour application en 2010) vendredi dernier. C'est la semaine prochaine qu'on saura les arbitrages effectués par la direction.

Le SNJ a fait le constat que les négociations de branche au SPQR semblaient dans l'impasse. S'arc-boutant sur les chiffres de l'inflation INSEE et sur la crise, le SPQR a en effet décidé de ne pas revaloriser les salaires en 2009. Mais le SNJ a fait le constat suivant : d'une part l'indice Insee est très partiel et ne répercute pas ou peu des hausses qui sont pourtant subies au quotidien (loyers, tarif de l'énergie domestique, forfait journalier, hausse des mutuelles, prix de certaines denrées alimentaires de base, impôts locaux....) D'autre part chacun d'entre nous a pu constater, crise ou pas, que la stagnation des salaires en 2009 avait rendu un peu plus difficile de joindre les deux bouts. C'est pour cette raison que le SNJ a revendiqué une hausse générale des salaires de 3 %. La CGT, soulignant l'intensification du travail depuis deux ans (a effectif bien moindre, le même nombre de produits), a fait une demande similaire (4%). La direction, sourde à ces revendications, s'en est remise aux négociations de branche, estimant même que les salariés n'ont pas pendant cette période « vécu une dégradation du pouvoir d'achat ». On lui laissera la responsabilité de ces paroles...

Ce n'est que le 19 janvier que la direction doit rendre ses arbitrages. Alors même qu'elle a souligné les efforts fournis par les salariés au cours de cette période, quand bien même le contexte difficile (crise de la presse, crise des journaux d'annonce avec Paru-Vendu qui ne tire plus les résultats de GHM vers le haut), il serait regrettable qu'elle soit sourde aux arguments des organisations syndicales, et donc aux salariés. Gare à une nano-NAO, dont le bénéfice pour les salariés, malgré leurs efforts, serait si faible qu'il deviendrait invisible. Gare à une narco-NAO, dont l'objectif serait d'endormir les salariés en accordant le minimum symbolique au mépris de la réalité sociale de l'entreprise. Ce serait d'autant plus mal vécu que, comme nous l'évoquions dans une Newsletter précédente, la masse globale des 10 plus haut salaires de l'entreprise a progressé de près de 11 % en deux ans. On aimerait bien qu'une hausse similaire s'applique à la masse salariale globale...

Fidèle à ses engagements le SNJ a aussi réclamé que les plus bas salaires de la rédaction (indices 120 et inférieurs) aient de meilleures perspectives, étant dit que la grille des salaires PQR définit les fonctions des personnes titulaires de salaires « 120 » et inférieurs. Force est de constater que les bas salaires de la SNPEI, au vu des missions qu'ils assurent, devraient tous bénéficier de salaires d'au moins 130. « Mais la grille est obsolète, il faudrait la toiletter », estimait la direction. La grille est peut-être « obsolète », mais c'est le texte qui lie les partenaires sociaux. On ne peut d'un côté s'en remettre à la branche PQR pour les augmentations collectives et de l'autre écarter la grille des salaires PQR au prétexte d'une supposée obsolescence. A ce jour 26 journalistes bénéficient d'un salaire à l'indice 120 ou inférieur », soit près du quart de la rédaction. Si cet indice se comprend éventuellement pour de purs débutants sortant de la deuxième année de stage, bien des salariés ayant des années d'expérience et des missions complexes doivent évoluer. La direction a indiqué vouloir poursuivre dans la voie qu'elle s'était donnée en 2007 en augmentant 9 des 32 salariés ayant un indice 120 ou inférieur. On verra.

En outre, constatant que la valeur faciale des tickets restaurant (dont l'extension à tous les salariés a été obtenue il y a deux ans) n'avait pas évolué depuis au moins 2004, le SNJ a réclamé que sa valeur soit portée à 8€ (une augmentation justifiée par les tarifs de la restauration et de l'alimentation qui n'ont pas baissé, c'est un euphémisme, dans l'intervalle). A titre subsidiaire, le SNJ a détaillé qu'il était favorable à une autre répartition de la cotisation afférente à ces tickets. Aujourd'hui l'entreprise en cotise 50 % de la valeur. Elle peut légalement porter sa contribution à 60 %.

Enfin, estimant qu'en 2007 la direction avait fait la moitié du chemin en portant l'indemnisation des kilomètres de 0,30 à 0,35 ct d'euro, le SNJ a réclamé – au vu des indemnisations qui se pratiquent dans les autres titres de la PQR - que ce montant soit porté à 0,40 ct d'euro/km.

Deuxième étape : le retour de la direction


Deuxième et sans doute dernière rencontre avec la direction de la société normande de presse, d'édition et d'imprimerie ce jour, 19 janvier, concernant la négociation annuelle obligatoire (voir un post précédent). Pour mémoire le SNJ avait revendiqué, au vu des conditions économiques et de négociations de branche dans l'impasse une revalorisation de tous les salaires de 3 %, une hausse de la valeur des tickets restaurants et surtout une augmentation des bas salaires.
Force est de constater que la direction nous a partiellement entendu. Après quelques échanges plutôt bien argumentés;, la direction a fait les propositions suivantes.

Sur les salaires : elle reste sur sa position de principe qui est "pas d'augmentation collective en dehors des accords de branche", notamment au vu des résultats économiques de la SNPEI. C'est en vain que nous lui avons fait valoir que le coût de la vie était en constante augmentation. Cette attitude était hélas prévisible et c'est donc dans les marges que l'essentiel de la négociation a porté.

Sur l'indemnisation des kilomètres, la direction n'a rien voulu lâcher détaillant que les 0,35 centimes appliqués aujourd'hui étaient le niveau le plus élevé constaté au sein de GHM. Mais GHM n'est pas la toute la PQR : le SNJ constate pour sa part que la valeur moyenne de l'indemnisation est de l'ordre de 40 centimes d'euro.

Sur les bas salaires : le SNJ a fait le constat que 26 personnes de la rédaction bénéficiaient d'un indice 120 ou inférieur. Au regard des emplois classifiés dans la grille, ces salariés devraient presque tous être à 130 ou plus. "On ne peut pas tout faire tout de suite, mais nous avons décidé de poursuivre notre politique envers les bas salaires et nous l'intensifions", a déclaré la direction. Sur les 26 salariés, 11 vont bénéficier en 2010 d'augmentations individuelles. Soit pour l'entreprise une enveloppe globale de 26 000 euros. Reste que le SNJ s'est élevé contre les injustices que ces augmentations individuelles suscitent. Pour se justifier la direction a détaillé que les critères utilisés pour choisir les bénéficiaires étaient : ancienneté, qualité du travail, niveau de responsabilité dans les petites locales notamment. Elle se dit prête à entendre les salariés estimant avoir été oubliés dans ce train d'augmentations.
Bonne nouvelle aussi pour les employés : la nouvelle classification va permettre une augmentation de 19 salariés (en moyenne 57 euros de plus par mois). 19 employés, c'est 40 % des personnes concernées qui vont être augmentées. Soit une enveloppe globale pour l'entreprise de 21 000 euros.
Plus complexe : les tickets restaurants. Répondant à la fois aux revendications du SNJ, de la CGT mais aussi de la CGC, la direction a fait un double geste. D'une part elle accepte d'étendre le bénéfice de ces titres aux CDD ayant trois mois d'ancienneté. Un geste fort notamment en direction des CDD quasi permanents à la technique mais aussi en direction des autres collèges, notamment pour les contrats de professionnalisation et les remplacements d'arrêts maternité. Pourquoi un délai de trois mois : parce qu'il marque souvent la fin de périodes d'essai et pour des facilités de gestion. Regret : les stagiaires d'été à la rédaction, quand ils ont un CDD, ne seront pas concernés. Enveloppe globale pour l'entreprise : de 16 à 20 000 euros.
Par ailleurs la direction, si elle a refusé de porter la valeur faciale de ces titres à 8 euros (contre 7 aujourd'hui) a répondu à une autre demande du SNJ. Désormais l'entreprise accepte de prendre à sa charge 54 % de la valeur de ces titres (contre 50 % précédemment), soit une une cotisation par titre de 3,20 euros pour les salariés (3,80 pour l'entreprise). Cela signifie en moyenne, sur 203 jours travaillés par an, un gain de pouvoir d'achat annuel de 60,9 euros. Pour l'entreprise, qui défiscalise ses cotisations, ce geste représente environ 20 000 euros.
Dans le contexte économique contraint de la SNPEI, ces gestes, s'ils s'apparentent à du saupoudrage, n'en restent pas moins appréciables. Ils représentent entre 82500 et 100 000 euros sur le budget 2010. Au SNJ désormais de porter au niveau de la branche, avec des actions à l'appui si nécessaire, des revendications fortes en matière d'augmentations collectives.


Troisième étape : qui a signé ?
Drôle de situation à la SNPEI. Au terme de deux négociations sur les salaires, la direction faisait des propositions de revalorisation et d'extension des tickets restaurants mais refusait d'accorder des augmentations générales au motif que seule la branche devait le faire. Rien n'interdit à une entreprise d'être mieux disante que la branche, surtout si celle-ci se délite et s'avère inéfficace dans cette négociation-là. Le tout, évidemment, à l'aune d'une situation économique extrêmement contrainte. Par contre la direction annonçait des revalorisations individuelles de bas salaires parmi les journalistes ainsi que dans le collège employé. C'est sans état d'âme que le SNJ (ainsi que la CGC) a signé. Mais le syndicat majoritaire n'a pas donné sa caution à ce document, estimant sans doute que sa principale revendication – l'augmentation collective des salaires – n'a pas été satisfaire. Dont acte. Mais le cocasse, dans cette affaire, c'est que c'est la signature des deux syndicats catégoriels (ouh, le vilain mot) qui va permettre à tous les salariés, quel que soit leur collège, d'obtenir le bénéfice de ces tickets revalorisés et surtout étendus aux CDD (qui sont pour certains des quasi permanents, aux rotatives notamment). En clair, si les journalistes et les cadres n'avaient pas signé, les ouvriers en CDD n'auraient pas eu de chèque-déjeuner. Allez, encore un effort et le SNJ va devenir intercatégoriel, quitte à rallier le panache de Sud-Solidaires (dont il est membre fondateur).

 

 

 

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